L'étude sectorielle AYDI sur le BTP décrit une reprise portée par les grands chantiers publics, la Coupe du monde 2030 et la reconstruction d'Al Haouz, mais aussi un déficit de main-d'œuvre qualifiée et une forte part d'informel. Les entreprises recrutent des ouvriers qui découvrent le chantier, parfois peu lettrés, et parlent darija ou amazighe plus que français. Les donneurs d'ordre demandent de plus en plus à leurs sous-traitants des preuves d'accueil et de sensibilisation. Le service consiste à produire des supports courts, illustrés et audio, rédigés avec l'aide d'un modèle de langage, relus par un locuteur et validés par le responsable sécurité de l'entreprise.
Le problème à résoudre
Dans beaucoup de petites entreprises du bâtiment, l'accueil d'un nouvel ouvrier se résume à quelques mots du chef de chantier. Les consignes écrites, quand elles existent, sont en français technique, longues et rarement lues. Les règles de base (port des équipements, travail en hauteur, circulation des engins) sont transmises de manière inégale.
Les chefs de chantier et les responsables sécurité savent ce qu'il faut dire, mais n'ont pas le temps de préparer des supports adaptés, ni de garder la trace des sensibilisations réalisées, que les donneurs d'ordre réclament de plus en plus.
Qui paie et comment le trouver
PME et TPE du bâtiment et des travaux publics, en particulier les sous-traitants des grands chantiers (gros œuvre, ferraillage, coffrage, étanchéité, électricité), entreprises intervenant dans la reconstruction en zone rurale, bureaux de contrôle et coordinateurs sécurité qui cherchent des supports pour les entreprises qu'ils suivent.
Offre et prix de départ
Trois niveaux suffisent pour démarrer. Ces fourchettes sont des points de départ à confronter aux prix pratiqués dans votre ville ; leur construction est expliquée dans notre méthode.
Livret d'accueil chantier
2 500 – 6 000 DHRègles du chantier, équipements de protection, interdits, conduite en cas d'accident, numéros utiles, en version illustrée et audio en darija, arabe et amazighe relue par un locuteur.
Causeries sécurité
1 000 – 2 500 DH/moisQuatre causeries de dix minutes par mois, avec support visuel, message audio et feuille d'émargement.
Fiches par poste
300 – 600 DH par ficheCoffreur, ferrailleur, travail en hauteur, échafaudage, manutention : risques et bons gestes, validés par le responsable sécurité.
Outils et rôle de l'IA
- Un modèle de langage : rédaction en langage simple, premières traductions, scripts des causeries.
- Un outil de synthèse vocale ou un enregistrement : versions audio pour les personnes qui lisent peu, avec une voix relue par un locuteur.
- Un outil de mise en page avec pictogrammes : affiches, livrets et fiches lisibles sur chantier.
- Un tableur : registre des accueils et des causeries, émargements, thèmes traités.
Les outils évoluent vite : privilégiez des formules mensuelles au départ et gardez vos contenus (modèles, glossaires, bases de réponses) dans des formats transférables.
Plan de lancement
- Semaine 1-2Rencontrer 3 chefs de chantier ou responsables sécurité pour lister les consignes prioritaires et les situations à risque fréquentes.
- Semaine 3-4Constituer un réseau de relecteurs (darija, arabe, amazighe) et un préventeur qualifié qui valide le contenu technique.
- Semaine 5-6Produire un livret d'accueil pilote pour une entreprise et le tester avec ses nouveaux ouvriers.
- Semaine 7-8Proposer l'abonnement aux causeries et démarcher d'autres sous-traitants avec le livret pilote anonymisé.
Avant d'investir davantage, appliquez la méthode de validation en 30 jours.
Exemple chiffré
Hypothèse illustrative : un livret d'accueil vendu 4 000 DH, puis 3 entreprises abonnées aux causeries à 1 500 DH par mois, soit 4 500 DH mensuels récurrents. Si la relecture et la validation coûtent 800 DH par livret, la première commande laisse 3 200 DH.
Ce calcul sert à raisonner, pas à prévoir. Calculez votre propre prix plancher avec notre guide sur les prix.
Erreurs à éviter
- Rédiger des consignes techniques sans validation par un responsable sécurité, un ingénieur ou un préventeur qualifié.
- Se contenter d'une traduction automatique en amazighe ou en darija sans relecture par un locuteur.
- Présenter les supports comme une garantie de conformité : la sécurité des travailleurs reste la responsabilité de l'employeur.
Cadre légal
Le statut d'auto-entrepreneur suffit pour démarrer ; vérifiez auprès de la DGI la retenue applicable au-delà de 80 000 DH de chiffre d'affaires annuel avec un même client. Le Code du travail (loi 65-99) impose à l'employeur des obligations d'hygiène et de sécurité, complétées par des textes propres au bâtiment : vos supports l'aident à informer ses équipes, sans transférer cette responsabilité. Les photos d'ouvriers et les feuilles d'émargement sont des données personnelles au sens de la loi 09-08 : utilisez des illustrations plutôt que des photos de personnes identifiables, ou obtenez leur accord. À vérifier auprès de l'inspection du travail, d'un préventeur qualifié et de la CNDP.
Pour facturer, le statut d'auto-entrepreneur est souvent le plus simple au départ ; attention à la règle des 80 000 DH par client, détaillée dans notre guide sur le statut. Pour les données personnelles, voir le guide sur la loi 09-08.
Questions fréquentes
Faut-il être spécialiste de la sécurité ?
Non, mais il faut connaître le chantier et travailler avec un professionnel qui valide chaque contenu technique. Votre rôle est de rendre les consignes compréhensibles.
Pourquoi des versions audio ?
Parce qu'une partie des ouvriers lit peu ou pas le français. Un message de deux minutes en darija ou en amazighe, écouté pendant l'accueil, est mieux retenu qu'un document long.
Qui paie : l'entreprise ou le donneur d'ordre ?
Le plus souvent l'entreprise sous-traitante. Certains coordinateurs ou bureaux de contrôle peuvent aussi commander des supports pour les entreprises qu'ils suivent.